Όλα ξεκίνησαν από την πρωτοβουλία δημοσίευσης δύο Ανοιχτών Επιστολών του Έλληνα συγγραφέα Γιάννη Μακριδάκη (1) στο εξωτερικό (Η Ευρώπη στα πρόθυρα της δικτατορίας και Ελλάδα. Tο πρώτο θύμα της Ευρωπαϊκής αποικιοκρατίας), με θέμα την δεινή πολιτική κατάσταση της Ελλάδας αλλά και της Ευρώπης που "βρίσκεται στα πρόθυρα της δικτατορίας".

Μία εθελοντική ομάδα ελλήνων που ζουν στην Ελλάδα και στο εξωτερικό, όπως ο Λάζαρος Μαυροματίδης, ο Κώστας Ντάρας, η Στάθια Ζουγανέλη, η Δέσποινα Tσαφίτσα (και άλλοι που επιθυμούν να κρατήσουν την ανωνυμία τους), μέσω συντονισμού της δημοσιογράφου Κρυσταλίας Πατούλη (2), κατόρθωσαν να επικοινωνήσουν πανευρωπαϊκά τις δύο αυτές επιστολές με τίτλους: Η Ευρώπη στα πρόθυρα της δικτατορίας (3) και Ελλάδα. Tο πρώτο θύμα της Ευρωπαϊκής αποικιοκρατίας (4).

Οι επιστολές δημοσιεύτηκαν στον Έντυπο και διαδικτυακό Τύπο κυρίως της Γαλλίας (π.χ. Le Cercle Les Echos, Marianne 2 κλπ), η οποία ανταποκρίθηκε με πολιτικό πολιτισμό όσο και συγκινητικό ενδιαφέρον, σε αντίθεση με την υπόλοιπη Ευρώπη (τουλάχιστον μέχρι στιγμής), με μηνύματα, άρθρα και δημοσιεύσεις, όπως αυτό του Κινήματος της Νάντης: Par solidarité, je suis Grec aussi. (5) αλλά και προτάσεις συνεργασίας, ενώ στην Ελλάδα δημοσιεύτηκαν πρώτα από το tvxs.gr (6) και κατόπιν από πολλά ιστολόγια και ιστοτόπους, αλλά και σε εφημερίδες μέσω σχετικών συνεντεύξεων (7) που ζητήθηκαν από τον ίδιο τον συγγραφέα.
 

Τα αποτελέσματα αυτών των δημοσιεύσεων, ήταν:

Ο Γάλλος φιλέλληνας δημοσιογράφος Jose Manouel Lamarque ο οποίος είχε δημοσιεύσει πρόσφατα άρθρο με τίτλο Ελλάδα χωρίς φωνή (8) προφανώς, δίχως να έχει  ενημερωθεί έγκαιρα για τις δύο αυτές επιστολές, έσπευσε αφού τις διάβασε στον Γαλλικό Τύπο, να τις αναδημοσιεύσει στο σάιτ του: Help the Greek People (9), όπως και να στείλει μήνυμα συμπαράστασης στον Έλληνα συγγραφέα.

Οι πρωτεργάτες του υπό δημιουργία Πανευρωπαίκού Κινήματος για την Υπεράσπιση της Δημοκρατίας στην Ευρώπη, του Δημοκρατικού Φόρουμ διανοουμένων της Γαλλίας: The forum democratique (10), μέσω του Philippe Murer, ζήτησαν, εαπό τον συγγραφέα των δύο επιστολών, να αντιπροσωπεύσει την Ελλάδα στο Πανευρωπαίκό Κίνημα για την Υπεράσπιση της Δημοκρατίας στην Ευρώπη, όπως και συνεχή επικοινωνία και συνεργασία - αλληλεγγύη με στόχο τον δημιουργικό διάλογο αλλά και τη δημοσίευση άρθρων σχετικών με τα φλέγοντα ζητήματα Ελλάδας και Ευρώπης μέσω του δικού τους φόρουμ αλλά και του tvxs.gr και άλλων ΜΜΕ ή ιστότοπων της Ευρώπης και της Ελλάδας.
Τέλος, ο διάλογος μεταξύ Ελλήνων και Γάλλων διανοουμένων και καλλιτεχνών φαίνεται να διευρύνεται καθώς ο Έλληνας καλλιτέχνης Χαϊνης Δημήτρης Αποστολάκης (11) απέστειλε στον Γιάννη Μακριδάκη μια επιστολή προς δημοσίευση, εμπνευσμένη από το άρθρο Ελλάδα χωρίς φωνή του Jose Manuel Lamarque, η οποία ήδη δημοσιεύτηκε στα ελληνικά στο tvxs, και απεστάλλει προς δημοσίευση στα γαλλικά ΜΜΕ όπως και στον ίδιο τον φιλέλληνα Γάλλο δημοσιογράφο, όπως ακολουθεί παρακάτω. (Η πρώτη δημοσίευση του άρθρου στη Γαλλική εφημερίδα LES ECHOS : Crise grecque : naissance d'un débat européen provoqué par deux lettres ouvertes).
Κρυσταλία Πατούλη

Naissance d'un débat européen provoqué par deux lettres ouvertes

Tout a commencé après l'initiative de l'écrivain grec Yiannis MAKRIDAKIS* (1) qui a adressé à ses concitoyens européens deux lettres ouvertes, les informant de la situation politique désastreuse en Grèce et en Europe, qui selon lui "est sur le point de la dictature."

Un groupe de Grecs volontaires vivant en Grèce ainsi qu'à à l'étranger, comme Stathia ZOUGANELI, Despoina TSAFITSA, Costa DARAS (et d'autres qui souhaitent garder leur anonymat), et surtout grâce à la coordination de Crystalia PATOULI qui est journaliste (2), a réussi de communiquer dans une échelle Européenne ces deux lettres intitulées: « L'Europe au bord de la dictature » (3) et « La Grèce, première victime d'une colonisation européenne »(4).

Les lettres ont été publiées en particulier en France (par exemple Le Cercle Les Echos, Marianne 2, etc) dans des médias imprimés et en ligne, en prouvant que -contrairement au reste de l'Europe- (du moins jusqu'à présent) en France existe encore une culture politique de haut niveau. Ceci est aussi prouvé à travers des messages de soutien, des articles et des re-publications, telles que celle du Mouvement de Nantes « Par solidarité, je suis Grec aussi » (5) ainsi que à travers des propositions de coopération. En revanche en Grèce ces lettres ont été initialement publiées sur www.tvxs.gr (6), et puis ont été réapparues sur de nombreux blogs et sites Internet et dans des journaux de bonne réputation (7).

A ce jour, les premiers résultats de ces messages sont les suivants:

 
Le journaliste français philhellène Jose Manuel LAMARQUE, qui avait récemment publié un article intitulé « La Grèce sans voix » (8) sans être informé entre temps pour les deux lettres de Yannis MAKRIDAKIS, après la lecture de ces lettres dans la presse française il les a également re-publiées sur son site « Help the Greek People » (9), en envoyant simultanément un message de soutien à Yannis MAKRIDAKIS.

 
Les dirigeants, du « Forum démocratique des Intellectuels » en France (10), par le biais de Philippe Murer, ont également contacté Yianis MAKRIDAKIS afin de représenter la Grèce à ce Mouvement européen pour la Défense de la Démocratie en Europe. Ce mouvement vise à travers une communication constante et une coopération de solidarité à commencer un dialogue créatif avec des publications d'articles en Grèce et en Europe par le biais de leur propre forum et le www.tvxs.gr et d'autres médias ou sites de l'Europe et de la Grèce sur les questions brûlantes de l'actualité.

Enfin, le dialogue entre des intellectuels grecs et français ainsi que des artistes semblent se développer. Dimitris APOSTOLAKIS, un musicien Grec membre et fondateur de l'ensemble musicale « Hainides » à envoyé à Yannis MAKRIDAKIS une lettre inspirée par l'article de José Manuel LAMARQUE, qui a déjà été publié en grec dans le site www.tvxs.gr, et qui est envoyé pour une éventuelle publication dans les médias français. En-dessous vous pouvez lire cette lettre (texte intégral) qui est traduit par Lazaros MAVROMATIDIS.
Cr.P.

Hainis Dimitris APOSTOLAKIS (auto-proclamé porte-parole des artistes grecs) RÉPONSE -INVITATION à  M. José Manuel LAMARQUE, à l'occasion de son article intitulé la Grèce sans voix.

D'abord cher Mr Lamarque, le problème qui survient dans un lieu, n'est pas un problème local. C'est un problème global et il se manifeste dans un lieu unique parce que les conditions socio-politiques là-bas ont favorisé son apparition. Le déficit du parti politique est un déficit politique et moral ainsi qu'une crise d'esthétique de l'ensemble. Je vais essayer brièvement, de soutenir mon opinion, commençant par quelques observations, dont certaines sont entendues pour la première fois. 

Remarque 1

Durant la période postkeynésienne a lieu un phénomène mondial sans précédent (en effet il n'y a pas de progrès linéaire historique): initialement, la morale qui caractérisait des individus, des familles, des entreprises, des organisations, des nations et des états, étant associée à l'éthique -en tant que réponse à la question existentielle-, maintenant se repose à des non-personnages historiques: les marchés. Les entreprises peuvent facilement changer de nom, se transformer, être délocalisées, fusionner, être rachetées, mais sans avoir à laisser d’empreintes historiques et surtout sans prendre le fardeau de la responsabilité historique de leurs actions.

Remarque 2

Au cours des dernières décennies on remarque pour la première fois dans le monde occidental la disparition des 'coutumes'. Cela conduit inévitablement à la perte de la soi-existence de la conscience sociale, qui implique la mort de la notion du 'tragique' (comme dirait votre compatriote Jean Baudrillard) en remontant jusqu'à la perte de destin avec l'émergence simultanée d'une individualité sinistre. Cette individualité sinistre s'effondre enfin sous le poids et la responsabilité de l'être imaginaire. La sacralisation de notions telles que la confiance et la sécurité à travers une diabolisation concomitante du risque -qui est père du tragique- annule toute tentative individuelle de remettre en cause et contester (qui est le fondement de la culture européenne d'Eschyle à Descartes). Et par conséquent nous sommes confrontés aux habitudes imbattables de la petite bourgeoisie.

Remarque 3

Les idéaux de la petite bourgeoisie se sont diffusés comme le choléra jusqu'au dernier village. Le résultat est (sans inclure l'aliénation de la nature) la mort de l'hyperbole et son assimilation à la frénésie. Cependant, le pire est la disparition de l'importance (bannière de la culture européenne) du dipôle amour-révolution (ils vous l'ont montré de la façon la plus spectaculaire vos compatriotes Jean-Luc Godard, François Truffaut, etc.). En milieu bourgeois, la personne ne peut pas aimer, c'est à dire accomplir sa mission physique et biologique audacieuse, qui consiste à expérimenter à travers une théurgie heureuse et triomphante, l’annonce vécue de son changement et de sa diversité. Par conséquent, les émeutes révolutionnaires, (absence de diversité = foule) n'auront pas le plaisir du changement, mais le signe de la haine et de vengeance contre l'autre ou contre le privilégié.

Remarque 4

La morale de la peur se présente sous la forme de réaction, d'agression et de violence. Il s'agit de la morale de la grève, la morale du mendiant, ou la morale de l'exigence de l'esclave face à ses employeurs pour qu'ils se transforment en bons patrons. Le mauvais patron donc se transforme comme par magie en bon employeur, à travers une augmentation de salaire de 100 euros en profit de ses esclaves contemporains. Soit dit en passant, à propos des Grecs, les statistiques révèlent qu'ils sont lésés de façon permanente et constituent des victimes professionnelles (vestige de vassalité ottomane).

Par opposition à la moralité de la peur on trouve l'éthique de la curiosité sainte. Cela se manifeste non pas comme une réaction, mais comme une action. La différence principale entre l'action et la réaction est que la première s'inspire de ce que nous aimons, tandis que la seconde est court-circuitée à ce que nous n'aimons pas. L'action ouvre infiniment des voies, tandis que le chemin de réaction est unique, se réduit enfin à la conciliation avec ce sens qui est auparavant -et a priori- ciblée "mauvais". (Cette position il ne faut pas l’apercevoir comme une déclaration contre les grévistes. Eux, ils ont appris de réagir ainsi à cause -et à travers- d'une condition sociale qui ne garantit pas a priori à tous les membres de la communauté, de la nourriture, du logement, de la santé, de l'éducation, en général des biens dont le manque est la source d'une phobie sociale généralisée. La responsabilité en incombe plus à ceux qui tiennent du capital culturel et social, à savoir les personnes qui ont la possibilité de s'adresser à beaucoup de gens et il s'agit donc des politiciens, des journalistes, des intellectuels et des artistes).

Puissance

Les personnes qui administrent les biens de la communauté locale et universelle au lieu de gouverner, partager ou imposer une paix sociale fausse devraient avoir le devoir primordial de redonner du sens à l'âme humaine, pour qu'elle devienne une source d'inspiration et de diffusion du capital culturel qu'ils disposent. Le virus de la puissance n'agit pas d'une manière pyramidale. En revanche la puissance constitue une grille horizontale, un tissu immatériel fabriqué d'une araignée sociale venimeuse. Il s'agit d'un suivi mimétique quotidien des archétypes autoritaires pervers, exercé à l'école, à la famille, au travail, à l'entreprise. Considérons par exemple que le droit moral est enregistré dans le code (autoritaire) de notre langage sous l'image du mot «dette», c'est à dire de la créance d'allégeance du débiteur envers le prêteur.

L'Europe (brièvement)

L'Europe n'a pas réussi ni à inspirer les gens, ni à comprendre et respecter leurs particularités. Sa responsabilité historique est de combler l'expérience sanglante et la recherche de l'être, avec des cultures irrationnelles de l'Est ainsi qu'avec le pays politiquement immature et dangereux de l'Amérique du Nord (qui n’existe que depuis 300 ans). Au lieu de cela, l'Europe est dirigé par des prédateurs et leurs conseils prétendument spéculatifs.

Je vous rappelle chers concitoyens français que cette année, votre ministre de l'Agriculture, vous a annoncé l'imposition de la mort douloureuse de votre agriculture traditionnelle, à cause d'une multinationale. Ne voyez aucune ressemblance aux mesures qui encadrent le célèbre «développement» en Grèce et qui visent tout simplement à détruire la richesse naturelle restante ? La montée du nationalisme et de la xénophobie sont les conséquences de l'invasion du modèle puritain (un modèle qui s'oppose à l'Europe des Lumières) de nos concitoyens européens de l'Ouest. N'oubliez pas que le pogrom déclenché par votre gouvernement contre les Roms est très similaire aux attaques racistes et les camps spécialement construits pour enfermer les migrants, qui sont dans l'actualité Grecque.

La Grèce (brièvement)

La Grèce est un pays qui a émergé d'une absurdité politique qui visait à créer des 'états nationaux' ces 150-200 dernières années. Dès sa naissance elle a survécu non pas en se basant sur ses ressources nationales, mais en fondant son économie à la base d'une richesse empruntée, dont la partie majeure se détournait dans les poches des rapaces indigènes. Guerres Nationales, Guerres Balkaniques, Guerres Mondiales, ainsi que Guerres Civiles et Juntes successives, ont permis de ne pas avoir encore dépassé le stade d'un État bourgeois qui pourrait être bien gouverné (selon la définition donnée par les pays de l'Ouest).

La moitié de la population de ce pays vit à Athènes et la province languit en envoyant ses enfants aux marchés d'esclaves de la petite bourgeoisie de la capitale. Ceux qui sont restés fuyaient vers la délinquance, l'alcoolisme et le suicide (Athènes et la Crète sont particulièrement touchées).

Le manque de vision -point de départ d'un mouvement collectif- est la cause de tous ces phénomènes pathétiques. Le grand avantage de l'industrie lourde de la Grèce était et continue d’être la culture. Cela est dû à sa position géographique. N'oubliez pas que la Grèce est le seul endroit qui a le privilège d'être positionné entre trois continents (Asie, Europe, Afrique). Et à l'endroit où se rencontrent de nombreuses personnes différentes, des cultures y fleurissent.

Ce grand avantage (à travers sa longue histoire) couplé avec la beauté naturelle et le climat doux, est fini en devenant un grand désavantage. Logiquement, ce petit pays avec une grande histoire, le soleil, les montagnes et les mers devrait être la « Suisse de l'esprit », une grande surface intégrale in-commercialisée pleine d'écoles où on enseigne le grec, l'arabe, la physique, les mathématiques, l'astronomie, le folklore, la musicologie, l'art, etc. Au lieu de cela, ce pays est devenu la baignoire et l'hébergement des touristes locaux et étrangers (qui se baladent ivres la plupart du temps) qui reproduisent leur petite misère sous sa forme la plus dangereuse : les vacances.

Il n'y a pas de plus grande arnaque, misère et autruche de négation d'existence que le phénomène de l'homme qui part en vacances. Il est l'être social qui échappe (une expression favorite des médias) en acceptant - à travers son silence - son emprisonnement temporel infini dans un espace quotidien. Il est l'être social (qui je l'espère a temporairement perdu ou n'a pas encore trouvée la route, la communauté, et son talent en particulier) qui n'agit pas pour éviter les conflits avec les structures pourrisses en étant toujours sous l'influence de la drogue des vacances. Néanmoins parfois il exprime sa volonté révolutionnaire de façon erratique (par exemple, même le mouvement des indignés en Grèce a montré sa nudité en se dissuadant avec la venue de vacances d'été- en tout cas, au moins quelques centaines de personnes se sont rencontrées en participant à ce mouvement).

La chose la plus importante n'est pas où on va, mais qu'est-ce qu'on va faire, ou plutôt ce qu'on aime et ce qu'on va trouver à Co-créer. (A nouveau je clarifie que je ne m'exprime pas contre le voyageur conscient qui jouit de la beauté naturelle comme un processus inséparable de l'œuvre et de l'auto-développement de soi).

Artistes grecs

Il y a des artistes grecs, monsieur Lamarque, comme il y a des intellectuels grecs et ils ont une voix, mais malheureusement cette voix n'arrive pas chez vous (c'est pour cela donc que vous formulez cette position erronée dans votre article, cependant, de toute façon je reconnais votre bonne intention). Je vais prendre comme exemple celui que je pense connaitre le mieux, à savoir moi-même (je ne possède pas de modestie caractéristique / la modération = caractéristique principal de l'arrogance d'une qualité médiocre).

Je suis un membre de 'Hainides', un groupe musical qui existe depuis 22 ans dans le monde de la discographie (certaines œuvres ont été arrangées et présentées dans d'autres pays comme l'Espagne, et la Turquie) et qui se reproduit en Grèce et dans le monde entier. Notre équipe n'a jamais eu les moindres liaisons avec aucun pouvoir. Seul l'amour de notre public nous soutient et depuis notre création il existe entre nous une égalité de salaires et de revenus qui est à mon avis une attitude et une déclaration politique supérieure (cependant cela ne veut pas dire qu'il constitue en soi une preuve de qualité artistique).

Les projets de l'auto-institution sociale, l'autonomie et l'auto-organisation et les idées de non-développement, nous les avons soulevés à partir des années 90 et nous les avons chantés à travers nos enregistrements et nos concerts. Cette année, par opposition à la misère et le défaitisme généralisé, au lieu d’éliminer des musiciens et couper nos ambitions artistiques (comme la grande majorité des musiciens a fait), on a établi des partenariats avec des membres de deux autres collectifs artistiques importantes (le groupe de musique « Mode Plagal » et l'équipe de danse et d'acrobatie « Et pourtant ça bouge »), en montant une performance exigeante intitulée « Dieux et Démons ». Aucun agent culturel n'était intéressé (comme toujours) même si ce projet pourrait être un produit d'exportation culturelle d'un pays qui est montré du doigt ayant un grand problème de productivité.

Au lieu de cela, la « culture officielle », en coopération étroite avec les médias (centres de propagande de style de vie), essaie d'apprivoiser les « serpents de la musique » dans une ambiance ludique en nous imposant des adolescents de pop d'une courte durée de vie, et des « chanteurs inoffensifs » collectionneurs de tubes qui popularisent leurs propos pour survivre et continuer d’être aimés par le grand public. Le populisme est une forme dangereuse et consiste le tremplin vers le fascisme. Nous vivons dans l'époque du triptyque chanteur-star-idole, alors que dans des circonstances normales, ce sujet devrait avoir honte à ces notions qui le caractérisent.

Le fait de reconnaître quelqu'un en dehors d'une collectivité est justifié au fur et mesure où celui-ci possède une des quatre caractéristiques suivantes: a) sagesse b) folie, c) caractère de départ d) détournement sociale de caractère de confrontation. Néanmoins, même les jeunesses des parties de gauche grecque appellent parfois au soutien de leurs festivals des chanteurs-employeurs, soutenus par quelques groupes pathétiques d'esclaves-musiciens. Ce qui se passe dans le monde de la musique, touche ainsi sous la même couverture le théâtre, la danse, la peinture, etc.

Des médiocrités inconcevables sont toujours à l'affiche et exportées (étant donné qu'ils ont établi une relation clientèle avec les décideurs), tandis que les grands projets dans tous les domaines sont jetés dans le Kéadas de dissimulation et de l'indifférence. (Ici je ne veux pas que ça soit considéré que j'exprime toute une plainte personnelle ou un refoulé artistique. En revanche on a eu la chance avec 'Hainides' d'être tant aimés par notre public dès notre première étape. Qu'est-ce qui se passe avec tant d'autres grands artistes contemporains et anciens qui n'ont pas eu le même sort, la même faveur de l'époque que nous ? Comment aider certains jeunes artistes à oser leurs expériences, dans un environnement privé de liberté et dans un monde fondé à la base d'archétypes misérables et éclaté d'informations inutiles ?).

Invitation

La réponse dans cette décadence est de créer des communautés auto-organisées (toutes sortes) avec une forte interaction entre elles. J'appelle les gens, de l'art, de la science et de l'esprit, de mettre notre création dans une communauté (ou plusieurs communautés) de co-apprentisage et de copropriété de nos projets. Le contraire de l'amour n'est pas la haine, mais l'indifférence.

Je suggère donc l'indifférence au pouvoir. On ne reconnaît aucun bureau politique, aucune hiérarchie sociale. On conserve uniquement la reconnaissance sociale nécessaire la réservant aux personnes qui ont produit des nouvelles significations à travers leur attitude de vie. On n'évite pas la confrontation. C'est juste qu'on transpose de leur propre stade les escarmouches indolores (par exemple l'Assemblée Générale), les transformant en combats gais jusqu'à la mort si quelqu'un envahit notre terrain en tant qu'autorité. Et notre monde ne sera rien d'autre que notre propre «jardin créatif» à nous. Puisque le double analogique de la mort n'est pas la vie, mais la vie avec dignité.

Hainis Dimitris APOSTOLAKIS

Traduction du Grec : Lazaros MAVROMATIDIS

Παραπομπές / Références:

  1. http://yiannismakridakis.gr/
  2. http://afigisizois.wordpress.com/2012/12/31/%CF%84%CE%B9-%CF%80%CF%81%CE%AD%CF%80%CE%B5%CE%B9-%CE%BD%CE%B1-%CE%BA%CE%AC%CE%BD%CE%BF%CF%85%CE%BC%CE%B5/
  3. http://tvxs.gr/news/apopseis/les-echos-i-eyropi-sta-prothyra-tis-diktatorias-toy-gianni-makridaki
  4. http://tvxs.gr/news/egrapsan-eipan/ellada-proto-thyma-tis-eyropaikis-apoikiokratias
  5. Par solidarité, je suis Grec aussi.
  6. http://tvxs.gr/news/egrapsan-eipan/ellada-proto-thyma-tis-eyropaikis-apoikiokratias
  7. http://yiannismakridakis.gr/
  8. http://tvxs.gr/news/apopseis/i-ellada-xoris-foni-toy-jose-manouel-lamarque
  9. http://helpthegreekpeople.blogspot.com/
  10. http://forumdemocratique.fr/2012/03/14/la-lettre-emouvante-aux-francais-de-yianis-makridakis-ecrivain-ayant-un-sentiment-de-profonde-gratitude-et-de-respect-envers-les-citoyens-francais-il-a-voulu-leurs-adresser-cette-lettre-a-travers/
  11. http://www.hainides.gr/hainides/hainides.html